Réparer l'injustice

En 2018, l’IFJD – Institut Louis Joinet  s’engage dans un projet de recherche concernant l’affaire Maurice Audin. 

Jeune mathématicien, militant communiste, Maurice Audin a été arrêté le 11 juin 1957 à Alger par des hommes de la 10ème division parachutiste de l’armée française. La législation des pouvoirs spéciaux avait en effet permis la délégation des pouvoirs de police à l’armée. Celle-ci pouvait alors, en toute légalité, arrêter, détenir et interroger tout individu. Comme des milliers d’autres, soumis à la torture, Maurice Audin est décédé dans des circonstances qui restent inconnues et son corps n’a jamais été retrouvé. Sa femme, Josette, s’est immédiatement engagé pour rechercher la vérité et dénoncer la disparition de son mari, l’armée prétendant qu’il s’était évadé. Son combat incessant a abouti à une déclaration du Président Emmanuel Macron, le 13 septembre 2018, reconnaissant la responsabilité de l’État français dans les disparitions de la guerre d’indépendance algérienne, y compris dans celle de Maurice Audin.

Le livre

Coordination et édition

En 2019, le projet de recherche Maurice Audin a abouti à la publication du livre Réparer l’injustice : l’affaire Maurice Audin, coordonné par Sylvie Thénault et Magalie Besse disponible aux éditions LGDJ.

Présentation

Si l’IFJD avait initié cet ouvrage dans le cadre de sa série consacrée aux relations entre Justice transitionnelle et histoire, avant cette déclaration, le recours à cet instrument, typique des processus de Justice transitionnelle et marquant une rupture fondamentale dans les politiques publiques de traitement du passé en France concernant la guerre d’indépendance algérienne, en a renouvelé l’intérêt. Au prisme de cette affaire, ce livre collectif poursuit l’ambition de nourrir la réflexion autour de deux questions : est-il possible de réparer l’injustice ? Comment la Justice transitionnelle peut-elle y contribuer, y compris en régime démocratique ? 

Après une première partie faisant le constat d’une impossible vérité, l’ouvrage revient sur les engagements qui ont fait de la disparition de Maurice Audin une Affaire française comparée à l’Affaire Dreyfus. Il analyse ensuite les mécanismes de la raison d’Etat qui ont entravé la recherche de la vérité, d’une part, et reconnaissance politique, d’autre part. La mémoire autour de l’Affaire, y compris en Algérie, et la portée de la déclaration présidentielle, sont enfin abordées.

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